Alexandre Enkerli

Vivre hors du Québec on apprend à apprécier le Québec pour ce qu’il est vraiment. Un excellent endroit où vivre.

Comme tant d’autres endroits dans le monde. J’ai passé beaucoup de temps hors du Québec ces dernières années. Mes séjours à l’extérieur du Québec y compris plusieurs séjours de longue durée (et de grande intensité) en Suisse au Mali au Nouveau-Brunswick et aux États-Unis m’ont permis de prendre la distance nécessaire et de voir la réalité en face. Oui je suis très critique à l’égard du Québec.


Comme je suis critique à l’égard de tous les endroits où j’ai vécu. Mais je me sens bien dans ma peau et dans ma société peu importe l’endroit où je vis. Je m’ennuie de la plupart des endroits où j’ai vécu jusqu’à présent. Parce que chacun de ces endroits m’a apporté beaucoup. Le Québec a beaucoup à offrir à qui sait le découvrir. Oui c’est une société de plus en plus insulaire. Mais c’est aussi une société de plus en plus ouverte. C’est une société qui offre beaucoup de liberté à quiconque est prêt à prendre la responsabilité de ses actes.

C’est donc une société très individualiste où l’anti-conformisme est respecté. C’est aussi une société dans laquelle les rapports entre individus sont souvent très forts et profonds. Le Québec est en ce moment-même une société dynamique à divers points de vue. Tournée sur elle-même et obsédée par des petits détails. Désormais autonome culturellement et socialement. Belle contraignante riche petite. En somme une société où il fait bon vivre. Comme ailleurs.


Le Mali par exemple. Où tout est partagé de la nourriture aux peines des joies aux idées. Où les gens savent faire beaucoup avec peu. Où chacun bénéficie d’un système de support social. Où les gens font la part des choses entre la vie et le travail. Où on est plus ou moins à l’abri du mercantilisme de bas étage. Où la profondeur de réflexion n’est pas l’apanage exclusif des diplômés universitaires. Où les enfants et les personnes âgées parlent entre eux à coeur ouvert.

Où le président peut être taquiné par un balayeur de rues. En somme j’y ai vécu des moments heureux. Comme ailleurs.L’idée c’est de s’ouvrir les yeux et de savoir s’adapter peu importe le lieu. C’est peut-être un trait de personalité mais c’est aussi lié à ma formation d’anthropologue. Plutôt que de juger une société de façon péremptoire et plutôt que d’accepter les travers de cette société sans réflexion comme si c’était la seule société valable c’est de savoir observer et comprendre le monde qui nous entoure. Pour mieux y vivre. C’est un peu la chanson Rotterdam de Léo Ferré.

http://www.geocities.com/foursov/ferre/rotterdam.html Reste que c’est important de voir ailleurs. La relation d’un Québécois avec sa société c’est pas une relation de couple. C’est une crise d’identité.–

Alexandre 34 ans

anthropologue

http://enkerli.wordpress.com/


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