Ga‚tan Bouchard

Je suis parti du Québec et suis revenu. Puis je suis reparti et suis revenu encore. En ce moment je rêve parfois de repartir. Mais ça finit toujours par passer. J’aime trop nos paysages.


La première fois que j’ai quitté le Québec en 1993 je ne parlais pas un mot d’anglais. J’étais bourré de préjugés envers les anglophones d’Amérique du Nord. Je croyais qu’ils n’avaient tous qu’un seul rêve: écraser sous leur talon de fer de petits Québécois malheureux pauvres et tout aussi opprimés que les Palestiniens… Quelles illusions je me faisais alors sur le Québec et sur la Palestine !La première chose qui m’ait frappé lorsque j’ai quitté le Québec la première fois c’est que les anglophones étaient courtois. Ils arrêtaient leur voiture pour laisser passer les piétons. Ici au Québec on s’en fout éperdument.Ensuite j’ai pu constater que contrairement à ce que mes professeurs m’avaient enseigné à l’université les anglophones ne me reprochèrent jamais d’être un Québécois.


Je me suis senti «cheap» de voir que nous les Québécois étions nettement plus racistes envers les anglophones qu’ils ne le sont eux envers les francophones. Appelons ça de la condescendance pour ne pas froisser l’orgueil de nos «patriotes» locaux. (Nos «patriotes»: ceux qui continuent de chier dans des pots de chambres datant de l’époque du pléistocène laurentien. Ceux qui rêvent d’établir leur Laurentie socialiste-nationale et de planter des statues de Frontenac Dollard Des Ormeaux et autres conquistadores un peu partout entre la Gaspésie et la Bite à Ti-Bi…)À l’extérieur du Québec j’ai toujours trouvé du travail facilement sans me casser la tête. Je me présentais sur les lieux de travail directement. Je n’avais qu’à dire: «Hi! I’m Gaétan Bouchard from Quebec.


I’m a good worker and I’m looking for a job.» J’obtenais un emploi facilement sans avoir à présenter mille cévés lettres de présentations références preuves que je suis cousin de la fesse gauche avec le responsable de l’embauche du personnel… Ici au Québec il faut faire mille courbettes pour rêver d’obtenir une job qui est donnée d’avance à un lèche-cul. Car il faut savoir lécher des culs et des bottes au Québec pour accéder à une position aussi minable soit-elle. Il est vrai que l’économie du Québec est à terre depuis le premier référendum de 1980 référendum qui s’est traduit par un exode massif des membres de notre élite intellectuelle et économique.


Ce n’est pas pour rien que nous sommes dans la «bouette» depuis ce temps-là.Les «méchants» anglais ne m’ont jamais dit «Speak white». J’ai même appris que cette expression ne veut rien dire en anglais tout simplement parce que c’est l’invention de la poétesse Michelle Lalonde. Cette poétesse récita son «fameux» poème Speak White dans les années ’70 profitant sans doute de subventions de l’État pour faire figure de poétesse nationale. Il y en avait des écrivaines comme elle sous Saddam Hussein: des tas d’artistes payés par le régime en place pour passer les messages du gouvernement sous un vernis de culture très très mince.Tout ce que l’on m’a enseigné sur les Canadiens-Anglais était soit faux soit archi-faux. Je ne savais pas qu’on me faisait un lavage de cerveau jusqu’à ce que je quitte le Québec et apprenne suffisamment l’anglais pour avoir accès à d’autres sources d’information. J’ai lu des livres et des journaux en anglais.

J’ai ouvert mes horizons. J’ai cessé d’être prisonnier de la Fleur de lys de Jeanne d’Arc et de tous ces braillards nationalistes ethnocentriques qui rêvent de revoir leur Normandie cette Normandie où certains des nôtres sont morts pour libérer la France des ces collaborateurs hitlériens que nous avons accueilli à bras ouverts après la guerre.Enfant de la loi 101 j’ai grandi dans un monde clos où je devais apprendre l’histoire et le petit catéchisme du PQ pendant que les enfants des ministres péquistes apprenaient l’anglais et les mathématiques pour un jour nous gouverner comme un troupeau de bêtes à cornes.J’ai quitté le Québec plusieurs fois et je suis plusieurs fois revenu. D’aucuns pourraient dire que si je n’aime pas le Québec je n’ai qu’à foutre le camp.


C’est trop facile. Je ne dis pas que je n’aime pas le Québec. Je dis seulement que le Québec vit sous le contrôle de vieux dinosaures nationalistes aux idées tout aussi grises que leurs cheveux sont gris lesquels sont en partie responsables de cet état de stagnation de ce manque de dynamisme et d’honnêteté intellectuelle qui règnent ici.C’est à cause d’une poignée de curés d’ayatollahs et autres béni-oui-oui que des milliers de Québécois ont quitté le Québec. Il serait temps d’inverser les choses. Peut-être que nous devrions changer le sacro-saint modèle québécois et rendre le Québec invivable pour nos ayatollahs régionaux pour tous ces «Cheufs» que certains souhaitent porter sur des boucliers comme si nous vivions dans un village gaulois ou bien une réplique du village d’antan de Drummondville…Gaétan Bouchard


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