Georges Poulin

Ce qui rend ce foutu pays invivable c’est que la société est complètement bloquée aucun changement en profondeur n’est possible ici parce que ce n’est pas l’intérêt collectif qui dicte sa conduite aux gouvernements qui se succèdent à Québec mais un tas de groupes de pression qui cherchent par tous les moyens et réussissent d’ailleurs très bien à conserver leurs privilèges et leurs acquis. Je pense en particulier aux syndicats de la fonction publique et autres qui s’opposent systématiquement à toute mesure que pourrait prendre le gouvernement et à tout virage que pourrait prendre la société pour faire du Québec un endroit plus dynamique et vivant.


Nous sommes étouffés par les taxes et les impôts pour les mêmes raisons : nos gouvernements doivent payer les immenses structures pas très productives et hyper-coûteuses qui ont été mises en place depuis 1960. Des vaches sacrées que nous traînons comme des boulets et dont on n’a même pas le droit d’envisager qu’elles pourraient être réformées ou tout simplement éliminées.Sitôt que quelqu’un évoque la possibilité de changements c’est la mobilisation générale des groupes d’intérêt qui descendent manifester dans les rues et qui hurlent : pas le droit de toucher à ceci pas le droit de nous enlever çà !


Ce sont des acquis vous ne nous les enlèverez pas ! Quant aux intérêts corporatistes ils manifestent de façon plus subtile – par en arrière derrière des portes closes. Et ainsi nos gouvernements élus se font dicter leur conduite par tout un chacun et nous finissons par devenir prisonniers de conventions collectives blindées de programmes sociaux inefficaces qui coûtent une fortune à gérer de subventions à celui-ci et à celles-là. Et les journaux de se faire la courroie de transmission de ces réactions d’enfant gâtés pourris par le système et de nous faire croire que ces quelques milliers de privilégiés représenteraient la majorité ! Ensuite une fois qu’ils ont bien conditionné l’opinion publique (un peu trop facile à manipuler à mon goût soit dit en passant) ils font de beaux sondages qui affirment que les gens ne veulent plus d’un gouvernement qui a eu le malheur de vouloir remettre certaines façons de faire en question. “On n’a pas voté pour çà !”.


Merde. Comment voulez-vous que nous ne soyions pas étouffés par les taxes et les impôts ! Nous voulons le beurre et le lait du beurre. Nous voulons que les choses changent mais il faudrait rien sentir. Le Québec est une société immature où il fait bon croire qu’on peut faire une omelette sans casser des oeufs. Vous croyez peutêtre que je suis de la gaugauche caviar qu’on trouve à Québec ? Non pas. Si je suis de quelque part c’est d’une perspective qui croit en la liberté individuelle à l’excellence à la confiance que devraient avaoir les citoyens dans leurs institutions (et qu’ils n’ont plus) et dans les gens qui les représentent à la compassion pour les gens moins favorisés à la nécessité de temps à autre de faire des changements en profondeur pour s’adapter à un monde en changement. Vraiment y’a des jours où je ficherais le camp parce que bon Dieu que les choses ne changent pas vite ici.

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