Louise

Moi j’ai quitté le Québec pour aller étudier à Toronto et aussi pour suivre mon conjoint ‘Qui prend mari prend pays’ 😉 Quand j’ai terminé mes études de maîtrise en bibliothéconomie j’avais l’intention de retourner au Québec.

Qu’est-ce que vous voulez le Québec c’est chez moi. Malheureusement mon conjoint a voulu aller plus à l’Ouest du pays (Calgary) afin d’acquérir de l’expérience comme professeur. Naturellement je n’étais pas très enthousiaste à cette idée et ce malgré que j’avais bien aimé Calgary lorsque j’y avais passé l’été en 1982 pour améliorer mon anglais.


Finalement j’ai cédé à cette idée et je l’ai rejoint six mois plus tard en décembre 2001. Pour ma part la vie n’a pas été facile pour moi à Calgary. En fait rien n’a fonctionné pour moi. Je me suis sentie rejetée de la société comme si j’étais une criminelle ou que j’avais la lèpre. Pourtant j’avais tellement à offrir. Je possède des études supérieures plusieurs années d’expérience sans compter que je suis bonne en français et assez bonne en anglais.


Je ne comprends pas ce qui s’est passé entre ma première visite (1982) et ma deuxième visite (2001). J’avais un si bel avenir devant moi! J’avais passé 6 mois à Calgary en 1982 et j’ai aussi voyagé en Europe en 1983 (ce qui m’a aidé à développé ma passion pour les archives/bibliothéconomie). J’ai toujours travaillé très fort pour améliorer mes compétences et mes connaissances afin d’être toujours à jour avec les nouvelles technologies.

Je n’ai jamais commis de crime ou fait quelque chose de mal pour mériter l’exclusion à Calgary. Je ne sais pas s’il y a eu erreur sur la personne ou bien j’ai été victime de la jalousie ou … cherche? Néanmoins il est temps pour moi de partir avant d’y laisser ma peau. Six longues années sans pouvoir travailler et être intégrée dans la société c’est dur pour le moral. Est-ce que les femmes sont bonnes à jeter après 40 ans? Je ne pense pas que l’âge peut en être la cause mais c’est possible.

Vieillir ce n’est pas la pire chose en soi. Ce sont les préjugés défavorables qui entourent la vieillesse. On croit à tort que les gens plus âgés ne sont pas tellement ‘ordinateur’ alors que dans les faits il y a beaucoup des gens de mon âge qui sont meilleurs que bien des jeunes. Par exemple je suis beaucoup plus informatisée que mes nièces et neveux qui ont 10-15 ans de moins que moi.


En tous les cas pour terminer sur une note positive je peux dire que sortir du Québec m’a permis de comprendre davantage les nouveaux arrivants ce qui me permettra de les aider quand je vais retourner chez moi au Québec un jour j’espère… Je serais aussi injuste de nier l’immense plaisir de vivre près des rocheuses. Mon conjoint et moi avons exploré beaucoup de montagnes. Finalement je garde de bons souvenirs de l’Alberta et j’accepte le fait que nous ne pouvons pas réussir tout le temps dans la vie.

Comme on dit ‘Qui risque rien n’a rien’. Par contre si j’avais un conseil à donner à une Québécoise comme moi de vieille souche française je vous dirais de chérir et protéger vos acquis. Je me rends compte que j’étais bien et gâtée au Québec en termes de qualité de vie.

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