Martin Hamel

Quel site génial que j’ai pu découvrir grâce à M.Arthur sur les ondes de CKNU et via le site Web de la station. Enfin une tribune publique pour s’exprimer sur un sujet considéré trop souvent comme hérétique et passible d’excommunication par l’establishment politico-syndical qui règne en maître incontesté de notre pauvre petite province. Cette colombe qui sous des dehors affables de justicier social mène cette province d’une main de fer faute de pouvoir instaurer un rideau de fer.


J’ai donc décidé ce soir de partager avec les gens de ce site les motifs qui me poussent à vouloir envisager ma vie ailleurs. Ca fait plusieurs années déjà que l’idée de quitter le Québec me trotte dans la tête mais la naissance de mes jumeaux en 2000 m’a obligé à mettre cela sur la glace pour un bout de temps du moins. De 1997 à 2000 j’ai eu la chance de travailler à l’étranger en Thaïlande en Chine et au Mexique en plus d’avoir voyager beaucoup du côté des États-Unis. Cet épisode de ma vie je dois dire a radicalement et irrémédiablement changé ma perception du Québec. Je me suis rendu compte à quel point cette province m’avait tenu dans l’ignorance du monde extérieur.


Que ce monde contrairement à ce qui est véhiculé par nos bons médias francophones est loin d’être comme ils le décrivent et en particulier du côté de nos voisins du sud ces méchants Américains. C’est quand même paradoxal que bien que nous allions passer nos vacances en Floride et à Old Orchard alors que nous les détestons… Enfin! Depuis ce temps je me suis mis à lire les journaux anglophones comme le National Post et le New-York Times et à suivre les nouvelles via CNN FoxNews ou la BBC. Aujourd’hui je regarde les médias francophones uniquement pour voir comment ils vont déformer une nouvelle que j’ai pu lire dans un autre média. Le niveau de désinformation est des plus troublant au Québec et ce fut le point de départ de ma réflexion. On a toujours qu’un seul point de vue le point de vue national-syndical jamais les autres. J’ai travaillé avec des Chinois pendant près d’un an et cette expérience m’a permis de faire certains parallèles entre la Chine communiste et ici. Vous allez peut être dire que j’exagère.


J’aimerais partager ce point de vue mais je ne le peux. Sans déconner je crois que la majeure différence entre ici et là bas est qu’il n’y a pas de police à tous les coins de rue et que l’on peut encore voyager librement mais pour le reste… il y aurait beaucoup à dire! Enfin je ne m’étendrai pas sur le sujet mais de cette expérience a germé mes motifs pour quitter cette république de bananes soviétique.Mon premier motif est le contrôle presque total qu’exerce les syndicats sur nos vies et sur le Québec et ce que nous soyons syndiqués ou NON puisque indirectement nous payons via des impôts et des taxes très élevées leurs excès d’une part et l’à-plat-ventrisme des gouvernements à leur égard d’autre part. Il y en a toujours que pour eux. Les autres ils n’ont qu’à être « du bon bord » s’ils veulent avoir leur part de gâteau. Ca ressemble pas mal à l’obscurantisme religieux d’une secte ou hors de celle-ci point de salut. Le deuxième en découle directement de par le régime de pensée unique qu’il s’est créé autour de ce modèle syndicalo-socialiste communément appelé « le modèle Québécois. »

Je suis certain que la plupart des gens dont j’ai pu lire les excellents commentaires sur ce site l’on vécus à un moment ou l’autre de leur vie. Essayer de penser différent au Québec relève presque du suicide ou à tout le moins d’un ostracisme certain de la part de la tribu quand ce n’est pas de se faire traiter de tous les noms ou carrément de « traître à la patrie. » Ne pas avoir des idées de gauche au Québec est pratiquement impensable sans le risque de se faire traiter d’extrémiste de droite. Non mais quelle connerie. Ce nationalisme obtus est des plus irritant. L’écrivain Romain Gary avait un jour dit cette phrase qui explique bien la différence de mentalité entre les Américains et les Canadiens de l’Ouest et nous. Il disait : « Le patriotisme c’est l’amour des siens; le nationalisme c’est la haine des autres. » Génial ne pensez-vous pas?

Pour connaître bon nombre d’Américains et mon frère qui a vécu au BC durant de nombreuses années c’est tout à fait vrai. Le seul fait de cataloguer les Québécois entre les « pures laine » et les autres est révélateur de ce nationalisme cloîtré. Mon troisième motif concerne la menace de souveraineté. Il est évident que dans deux ans ce sera le retour des péquistes au pouvoir pour notre plus grand malheur et un autre référendum sur leur but premier : quitter le Canada. Il ne me reste donc que deux ans pour préparer mon départ. Quand je regarde aller l’aile radicale péquiste à l’oeuvre et leur idéologie soviétique je vais être honnête avec vous ces gens là me font peur. Je crains que l’on perde beaucoup de nos libertés civiles sous un Québec souverain et que cette province se transformera en une sorte de Kébekistan communiste.

Par rapport à cela il y a une question qui me trotte souvent dans la tête et je vais me permettre une digression. Advenant le cas où le « oui » l’emporte et que le Québec devient souverain est-ce qu’il y aura encore des élections? Et si oui que faire si le PQ perd? On retourne dans le Canada! Ca mérite d’y réfléchir non? Mon dernier motif est de pouvoir vivre plus librement de ne plus avoir le gouvernement dans mes culottes en train de se mêler de tout. De ne plus avoir ce gouvernemaman omniprésent qui me donne des services pourris à gros prix. Bref je veux en avoir pour mon argent et avoir la liberté de choix et non pas d’être soumis à des monopoles syndicaux qui se foutent de moi parce qu’ils sont blindés par leur sécurité d’emploi. A ce niveau une chose qui m’a irrité profondément est de ne pouvoir choisir l’école publique anglaise ou française pour mes enfants alors que les Québécois anglophones eux le peuvent.

Non mais quelle discrimination honteuse pour les francophones de cette province. Cependant entre les motifs et le faire il y a un pas et c’est là que j’espère via ce site lire des témoignages semblables au mien et que le mien sera lu par des gens vivant la même situation pour ensemble trouver des éléments de solution afin de voguer vers d’autres cieux le plus harmonieusement possible. A la lecture des commentaires je me suis rendu compte que la plupart des gens qui ont quitté sont soit seul ou en couple. La situation idéale quoi. Pour ma part j’ai des enfants alors c’est un peu plus compliqué et je suis convaincu qu’il y a plusieurs personnes qui tout comme moi sont pris entre le désir de partir et l’angoisse de comment le faire AVEC toute la petite famille. Il y a d’autres éléments à penser comme l’assimilation d’une autre langue pour les enfants et le fait de passer d’une école francophone à une école anglophone. Comme je fais parti de la catégorie appelée « la classe moyenne » je me fais tondre allégrement par tous ces paliers de gouvernement ce qui fait que je n’ai pas les moyens de les envoyer au privé alors j’ai pris sur moi de leur enseigner moi-même l’anglais en prévision de partir un jour.

C’est le mieux que je puisse faire pour l’instant. Pour ajouter à la difficulté ma conjointe a une fille issue d’une précédente union. Régler la question de la garde ne sera pas de tout repos mais à ce niveau j’ai bien peur que cela n’implique que des choix déchirants. Déménager 5 personnes ne se fait pas comme un étudiant et son pack-sac bien que le motif soit le même. S’il y en a qui ont réussi à le faire j’aimerais bien entendre parler de vous! Comment vous l’avez fait et comment ça s’est passé pour vous l’intégration de la famille? Ou comment envisagez-vous de la faire de votre côté?Donc pour l’instant j’attends le bon timing pour faire le grand saut. Déjà je sais que j’ai une bonne partie de ma belle-famille à dos pour mes idées d’extradition mais en vérité je m’en balance pas mal tellement je suis dégoutté de ce p’tit Kébec minable. Cependant leur incompréhension et surtout leur réaction hostile me donne un pincement au cœur et surtout pour ma conjointe qui hésite beaucoup à partir à cause de cela. Elle croit qu’elle sera reniée par un grand pan de sa famille si jamais elle osait quitter la tribu. Vraiment le comportement d’une secte! Moi mon idée est claire et comme disait les citoyens de l’ex-URSS « je veux passer à l’Ouest.» Mon avenir n’est plus ici et je ne veux pas de cet avenir pour mes enfants. J’ai 38 ans et en pleine possession de mes moyens côté professionnel.

Il me reste encore de nombreuses bonnes années devant moi et j’ai plus de 18 ans d’expérience pour la même firme de consultation. Je suis compétent dans ma profession. J’ai confiance en moi je suis bilingue et je n’ai pas d’inquiétude de me trouver de l’emploi ailleurs et de bien vivre. Le seul hic c’est qu’avec la famille je ne peux le faire n’importe quand n’importe comment… Je regrette seulement de ne pas l’avoir fait avant.Avec tout ce que je sais maintenant je ne peux plus faire semblant de croire que tout va bien ici. Je ne peux plus me fermer les yeux et m’empêcher de comparer la vie au Québec avec les autres provinces et ailleurs. Quand je regarde mon compte de taxes municipales mon talon de paie ou encore ma facture de la SAAQ tout en sachant à quoi serve la majeure partie de tout cet argent je ne peux prétendre que ça ne me dérange pas. J’ai fini par baisser les bras et perdre tout espoir de changement. Avant de perdre complètement espoir j’ai décidé de joindre il y a quelques années les rangs de l’ADQ mais la démolition systématique de ce parti par les médias francophones aux dernières élections m’a dégoûté terriblement. J’ai fini par comprendre qu’il n’y a pas de place au Québec pour des idées nouvelles. On ne veut pas que ça change et avec plus de 40% de syndiqués plus les BS et tous les parasites du gouvernement ça ne prends pas un doctorat pour comprendre que ça ne changera pas de sitôt. Pour moi le Québec est devenu une province sclérosée où tout devient chaque jour plus gris et uniforme.

Cette grisaille m’étouffe et empoisonne ma vie. Je m’en rends bien compte. Je ne suis plus heureux ici et je trouve ce constat désolant. Ca me fais quelque chose d’avoir à prendre une telle décision mais le contexte politique et fiscal ne me laisse malheureusement guère d’autre choix. Le seul choix possible est de me déraciner moi et ma famille d’une province qui ne me ressemble plus de me dissocier irrévocablement d’une idéologie qui n’est pas la mienne et qui intoxique ma vie et celle de ma famille. Je ne peux que ressentir une certaine tristesse envers mon employeur actuel qui est extraordinaire pour ma famille et mes amis. C’est dommage mais quand je regarde mes enfants je me dis que j’ai le devoir moral de leur donner ce qu’il y a de mieux et ce n’est pas ici que je le trouverai.

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