Priscilla

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J’ai toujours été fière d’être une canadienne, de venir d’un pays paisible, stable, prospère et respecté. C’est pourquoi à l’âge de 18 ans, j’ai conduit de Montréal à Vancouver pour explorer et connaitre cette merveilleuse nation. Après ce voyage, j’étais encore plus fière de mon pays, le Canada. Dès mon retour, je me suis dit qu’il faudrait bien que je déménage à l’ouest canadien, car j’étais fascinée par les Rocheuses et le style de vie moins stressant. Ça s’est arrêté là. J’ai continué ma petite vie tranquille au Québec, en mode de survie sans le réaliser.

Ce mode de survie, c’est payer et payer pour la corruption, des services inaccessibles (garderies- je connais quelqu’un qui s’est mise sur une liste d’attente pendant sa grosses et 4 ans plus tard, encore l’attente) et inutiles (OQLF). C’est payer pour ces routes qui brisent nos voitures donc ensuite payer pour les réparations de voitures, et je pourrais écrire une vingtaine de pages sur ce qu’est payer injustement ici au Québec.


Cela faisait environ un mois que mon mari me parlait de retourner vivre à Calgary (il a vécu là en 2007). J’y songeais, mais pas sérieusement. Un jour, j’ai entendu parler de l’infâme histoire PASTA. Eh oui, le restaurant qui essaie d’avoir un menu italien authentique qui a reçu une amende pour avoir inscrit le mot Pasta dans le menu. J’ai réalisé que nous vivons dans une province de répression et d’insécurité face à des menaces inexistantes.

Puis, dans la même semaine, mon mari conduisait mon auto et s’est fait arrêter pour aucune raison. Il avait oublié de payer un vieux billet de stationnement, alors le policier a fait remorquer la voiture. 30 jours plus tard, lorsque nous sommes allé chercher la voiture après avoir déboursé 700$, je me sentais dégueulasse, volée, exploitée et sans espoir. J’ai réalisé à quel point notre gouvernement est avare et sans merci. Après avoir payé un 700$ inattendu, on se demandait qu’est-ce qu’on allait dont ben manger les prochaines semaines. Tout ça pour une contravention de 52$.

C’est là que j’ai ouvert mes yeux et mon esprit, et j’ai dit à mon mari – Nous devons quitter le Québec. C’est depuis ce moment que je réalise qu’il est possible de s’établir ailleurs sans entendre parler de niaiseries telles que la question nationale et sans être jugé en parlant l’anglais, cette langue universelle et essentielle à maitriser afin d’avoir du succès. Nous avons visité pendant 5 jours Calgary afin que je puisse faire un choix éclairé, et c’était décidé, il y a mieux ailleurs.

Alors maintenant la maison de ville est louée et nous quittons environ le 17 juillet. Ça s’en vient. C’est dommage de devoir quitter famille et amis… malgré qu’il y en ait déjà qui songent sérieusement à venir nous rejoindre.

Une pensée qui a toujours été dans ma tête est que j’ai toujours été fière d’être canadienne, mais je n’ai jamais crié haut et fort que je suis du Québec, pourtant je suis moitié québécoise. J’imagine que mon manque de fierté québécoise est parce que je n’ai jamais vraiment eu de sentiment d’appartenance, même si j’ai du sang québécois, car je n’ai pas la mentalité syndicaliste, revendicatrice et arriérée qui est si dominante ici.

Je m’en vais pour le mieux, pour vivre, pour respirer. Je souhaite le meilleur à ceux qui doivent rester ici, qui se sentent obligés de rester ici, ou qui croient sincèrement que cette province deviendra un jour tout ce qu’elle est censée être. Mais moi, ça ne me tente pas de rester afin de voir cet échec inévitable et redondant. Adieu, belle province.


 

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