Simon & Anne-Val‚rie

Le 24 août prochain je traverserai la frontière canado-américaine. C’est loin d’être la première fois. Mais ça sera un moment déterminant dans la vie de notre petite famille. Pour une rare fois je ne serai pas seul. Ma conjointe et mes deux enfants m’accompagneront pour cette nouvelle aventure. Car nous quittons le Québec.


Peut-être pas définitivement mais certainement pour une assez longue période. Tous deux à l’approche de la trentaine éduqués dynamiques et ayant de l’ambition nous n’avons pas été séduit par le Québec au point de vouloir y rester. Le Québec écrase et méprise sa jeune génération. Celle qu’ont appelle encore avec mépris “la génération manquée” les premiers rejettons de cette bande d’égoïstes que sont les baby-boomers. Il est facile de voir que les multiples brimades des libertés individuelles au profit d’un prétendu idéal de société fait fuir une bonne part de ma génération attirée par le ciel plus bleu et les plus verts pâturages de nos voisins. Le Québec méprise l’ambition. Le Québec préfère l’ancienneté sur la compétence. Le Québec siphonne plus de la moitié du revenu difficilement acquis par son élite.


Pourtant ledit revenu est bien inférieur à la moyenne nord-américaine. Tout ça pourrait être supportable si au moins nous avions les services pour lesquels nous payons si cher. Mais non loin de là encore une fois!Alors que jadis il y avait huit personnes actives qui payaient pour une personne retraitée maintenant il y en a cinq. Et dans quelques années il y en aura deux. Et ces deux personnes sont ceux qui sont si injustement méprisées par le reste de la société pour vouloir mieux pour vouloir mieux pour ambitionner un monde meilleur pour ses enfants.


Quand viendra le jour où deux personnes sur trois au lieu de huit sur neuf devront payer les erreurs de la génération précédente ont comprendra peut-être pourquoi tant ont choisi l’exil.Le Québec me manquera sous certains aspects. Sa nature ses pentes de ski la beauté de sa gente féminine la richesse de sa culture ses restaurants ses musées la beauté des couleurs automnales et bien d’autres. Mais mon dieu que je serai heureux de ne plus voir à chaque jour des dirigeants syndicaux leaders de groupes sociaux ou politiciens doté d’un baccalauréat en service social me dire comment dépenser le peu d’argent qu’ils me laissent dans les poches m’empêcher d’envoyer mes filles à l’école anglophone ou m’empêcher d’assurer ma famille pour avoir un traitement décent si quelque membre de cette dernière tombe malade.Bref nous quittons le Québec avec un pincement au coeur. Mais aussi avec un énorme soupire de soulagement.

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